Aller simple
Avant la fin de l’émission
J’ai catapulté le téléviseur
Du haut de mon balcon
Directement sur la tête du pasteur
J’ai coupé le courant
De l’emprise de l’ennui
Enfin sentir le vent
Qui berce la nuit
Descendu les marches
Le bois craquant sous mes pieds
Pour que les voisins sachent
Que jamais je ne les remonterai
J’ai abandonné mes chaussures
Au bas de l’escalier
Crevé les pneus de ma voiture
Et avalé les clefs
Pieds nus sans rien
Sur le béton froid
J’ai sifflé le chien
Pour la dernière fois
J’ai pris jambe à mon coup
Pour m’extirper de la ouate
Couru à l’autre bout
De la ruelle étroite
Derrière moi les hurlements du cabot
Perçaient les murs du vieil immeuble
Son aboiement triste me traversait les os
Lui qui n’était plus qu’un vieux meuble
Je croise une femme à l'arrêt
Dites moi avant qu'il soit trop tard
À quelle heure il est,
Le bus pour nulle part?
Libellés : poésie matinale



