vendredi 29 mai 2009

Bombe atomique

There's a police siren singing like a tiger with no skin
[...] And all the roads are blocked off cuz they're just too hard to see

- Beck Painted Eyelids

À la rigueur, j'ai été chanceux. Le message de la madame du métro résonne à la station Lionel-Groulx. J'ai donc la possibilité de changer de ligne. On switche de vert à orange. On switche 25 cennes pour 1 dollar. C'est juste un peu triste qu'une fois dans le wagon orange, la madame en question nous raconte la suite de son histoire et que l'interruption touche aussi le bel orangé. Et c'était quelque chose, parce qu'en plus de sa voix qui résonne, calme, sûre d'elle, qui nous dit qu'une opération policière cause un arrêt des services, il y avait ce son un peu space, qui faisait biouuuiouuuuiiiouuuu en arrière-plan, et sa voix qui parfois s'arrêtait net. Un peu comme si des extra-terrestres la tenait au bout de leur fusil laser et lorsqu'elle semblait sur le point de donner aux usagers un indice sur la présence du troisième type à Berri-Uqam (centre du monde), ils coupaient la communication.

Hé bien non, heureusement (ou malheureusement), les extra-terrestres ne se sont pas encore décidés à nous faire une visite de courtoisie. C'était une bombe, tout simplement, qui n'en était finalement pas une. Et je me vois encore, paralysé à la station George-Vanier (c'est où ça George-Vanier? c'est qui lui d'ailleurs?) après une ride de métro trop longue, sortir à Bonaventure, dans le flot humain qui voulait s'engouffrer dans les wagons, malgré la grosse voix qui crache dans les hauts-parleurs "Terminus, tout le monde descend". Et désoeuvré, sur la rue. À chercher un taxi, chercher un téléphone, chercher l'Est. Car là est la question, où était l'Est hier, en fin d'après-midi?

Les automobilistes faisaient pitié hier, sur René-Lévesque et les autres artères populaires. Vous attendez quoi pour la vendre votre bagnole honnêtement? On prend soin de nos vies, c'est quand même rassurant. Merci Montréal pour la marche de santé, sous la pluie. Ce matin tout le monde éternue dans les autobus. Mais tout le monde est sauvé. Et il y a quelque part un moron à qui je suggère de porter un masque pour les prochaines semaines.

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