Blue Bike : Tragédie en 4 actes
Acte Premier, été 2008
Guilleret, bronzé comme un roux et musclé comme un bébé, je marche main dans la main avec la femme de ma vie sur les Promenades Ontario. Nous sommes des immigrants, nous découvrons la ville. Station de métro par station de métro, quartier par quartier, rue par rue et magasin de vélo par magasin de vélo. Cette année, c'est décidé, je passe des paroles aux actes et l'acte est l'achat d'une bécane bleue. Le monsieur du magasin est sur de lui. Il a l'oeil vif et il me conseille bien. C'est un homme d'expérience, un vendeur comme il ne s'en fait plus. La bécane bleue est là, me regarde, me sourit, tente de m'attendrir. Je la monte et aperçoit l'argument massue sur son guidon, une sonnette. Il n'en faut pas plus pour me convaincre. Au diable la dépense, mettez aussi sur ma facture ce cadenas jaune, le plus solide. Il brillera sur mon bécik bleu comme brille le soleil dans ce ciel azur.
Ma bien-aimée faisant un flat lors de notre première sortie à vélo, ma saison de cyclisme fût assez brève, pour ne pas dire inexistante.
Acte Deuxième, juin 2009
Le soleil, toujours plus fort que tout (comme mon cadenas) convie 4 convives à profiter d'un samedi ensoleillé sur les chapeaux de roues de leur vélo. Ma monture a fière allure. Une fois ses pneus regonflés, elle fend le vent, elle file sur la route comme un aéroglisseur. La journée est parfaite, agrémentée de soleil, de Cream Ale, d'hamburger et de coat de cuir avec un aigle dans le dos. En rentrant à la maison, j'écris le bonheur que je ressens, sur Facebook.

Acte Troisième, le lendemain
La femme de ma vie et moi étions repartis pour la gloire, vers le nord. Dans la côte, je change de vitesse, comme tout bon cycliste expérimenté. Puis un patakakraaacpaclacbadang plus tard, je me retrouve au beau milieu de la côte, avec une chaîne débarquée, mais surtout, un dérailleur cassé. Les mains pleines de graisse, je repars vers le magasin de réparation de vélo le plus près. Le vendeur, après m'avoir conseillé de changer de t-shirt pour mieux fitter avec mon vélo, me dit qu'on doit changer mon dérailleur, que ma roue arrière est croche-sans-bon-sens et que le vélo sera prêt demain. Je dilapide mon argent dans des disques pour noyer ma peine.
Acte Quatrième et final, 1 heure plus tard
De retour à la maison, sacrant après un tournevis qui manque de pogne pour poser un store, le téléphone résonne. J'abandonne ma besogne et saute sur l'appareil. Au bout du fil, mon vendeur-styliste me dit que mon vélo (fort probablement volé) a été trop forcé, que de la rouille s'en échappe et que la prochaine fois que je vais débarquer d'une bande de trottoir avec, je n'aurai plus de vélo et peut-être bien plus de face non plus. Sa conclusion; "je mettrais pas une cenne là dessus". Je m'étends sur mon lit, en position foetale et je pleure toutes les larmes de mon corps pendant que la femme de ma vie rend un dernier et vibrant hommage à ma défunte monture.

Guilleret, bronzé comme un roux et musclé comme un bébé, je marche main dans la main avec la femme de ma vie sur les Promenades Ontario. Nous sommes des immigrants, nous découvrons la ville. Station de métro par station de métro, quartier par quartier, rue par rue et magasin de vélo par magasin de vélo. Cette année, c'est décidé, je passe des paroles aux actes et l'acte est l'achat d'une bécane bleue. Le monsieur du magasin est sur de lui. Il a l'oeil vif et il me conseille bien. C'est un homme d'expérience, un vendeur comme il ne s'en fait plus. La bécane bleue est là, me regarde, me sourit, tente de m'attendrir. Je la monte et aperçoit l'argument massue sur son guidon, une sonnette. Il n'en faut pas plus pour me convaincre. Au diable la dépense, mettez aussi sur ma facture ce cadenas jaune, le plus solide. Il brillera sur mon bécik bleu comme brille le soleil dans ce ciel azur.
Ma bien-aimée faisant un flat lors de notre première sortie à vélo, ma saison de cyclisme fût assez brève, pour ne pas dire inexistante.
Acte Deuxième, juin 2009
Le soleil, toujours plus fort que tout (comme mon cadenas) convie 4 convives à profiter d'un samedi ensoleillé sur les chapeaux de roues de leur vélo. Ma monture a fière allure. Une fois ses pneus regonflés, elle fend le vent, elle file sur la route comme un aéroglisseur. La journée est parfaite, agrémentée de soleil, de Cream Ale, d'hamburger et de coat de cuir avec un aigle dans le dos. En rentrant à la maison, j'écris le bonheur que je ressens, sur Facebook.

Acte Troisième, le lendemain
La femme de ma vie et moi étions repartis pour la gloire, vers le nord. Dans la côte, je change de vitesse, comme tout bon cycliste expérimenté. Puis un patakakraaacpaclacbadang plus tard, je me retrouve au beau milieu de la côte, avec une chaîne débarquée, mais surtout, un dérailleur cassé. Les mains pleines de graisse, je repars vers le magasin de réparation de vélo le plus près. Le vendeur, après m'avoir conseillé de changer de t-shirt pour mieux fitter avec mon vélo, me dit qu'on doit changer mon dérailleur, que ma roue arrière est croche-sans-bon-sens et que le vélo sera prêt demain. Je dilapide mon argent dans des disques pour noyer ma peine.
Acte Quatrième et final, 1 heure plus tard
De retour à la maison, sacrant après un tournevis qui manque de pogne pour poser un store, le téléphone résonne. J'abandonne ma besogne et saute sur l'appareil. Au bout du fil, mon vendeur-styliste me dit que mon vélo (fort probablement volé) a été trop forcé, que de la rouille s'en échappe et que la prochaine fois que je vais débarquer d'une bande de trottoir avec, je n'aurai plus de vélo et peut-être bien plus de face non plus. Sa conclusion; "je mettrais pas une cenne là dessus". Je m'étends sur mon lit, en position foetale et je pleure toutes les larmes de mon corps pendant que la femme de ma vie rend un dernier et vibrant hommage à ma défunte monture.

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