Le plein s.v.p!
Le bras gauche sorti par la fenêtre, les pneus de ma bagnole mangent l’asphalte granuleuse de la 117 nord. J’arriverai bronzé comme un "trucker". L’avant bras bien brun et le "chest" blanc comme neige. Seulement 619 kilomètres à faire. Quelques-uns de moins que de traverser l’Alberta de travers. Monter dans le nord ou descendre à Rouyn, peu importe le point de vue, y reste que c’est vraiment loin. La route fait du bien, surtout quand on quitte l’autoroute pour s’enliser dans un chemin « ou l’on rencontre ». Deux voies seulement. Une pour aller l’autre pour revenir. Ma voiture tranche l’air laissant la ville disparaître dans ses miroirs. Des dizaines de rivières s’entrecroisent de gauche à droite et vont se perdre dans l’horizon. De magnifiques corbeaux s’envolent et laissent leur proie sur l’accotement l’instant de mon passage. Je contourne les montagnes sur le serpent noir et me dirige là ou le ciel touche la route. Je roule et roulerai ainsi pour les sept prochaines heures dans l’infini conifère. Au revoir, merci, je serai de retour lundi dans la ville des milles et uns ennuis. Pour l’instant je remplis le réservoir d’extraordinaire.
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