jeudi 30 juillet 2009

Le vent passe jamais de travers

Dans un appartement sur une île, il est très facile de se sentir compressé comme dans un étau. Écrasé par les murs latéraux. Rien que des fenêtres en avant pis en arrière, qui donnent directement sur celles du voisin, qui donnent directement sur celles de l’autre voisin, qui donnent en plein dans celles du troisième voisin, ainsi de suite et à l’infini. Parfois je me dis que si tous ces gens ouvriraient leurs fenêtres en même temps, j’y verrais peut-être une forêt à l’autre bout.

Dans ces appartements là on ne voit jamais ce qui se passe à côté. Aucune fenêtre, ni à gauche, ni à droite, pas le moindre rayon de soleil ni la moindre brise arrive de côté. J’imagine que c’est la peur de l’ennui qui nous force à rester en ville. Toute est tellement proche. Tout plein de choses plus inutiles les unes que les autres, pactées côtes à côtes, qui finissent par te rendre heureux. Comme si on vivait dans un magasin à une piace géant. Ça te tente pas vraiment d’y entrer mais quand tu finis par y aller tu trouves tout ce que t’as besoin, tout comme la ville.

J’ai ouvert les deux portes ce matin. Celle en avant et celle en arrière ainsi que les deux fenêtres, elles aussi en avant et en arrière. Y’a fait chaud à mourir cette nuit. Par chance le vent ne venait pas de côté. L’air est entré par derrière balayant les poils de chien vers la porte de devant. J’ai pu respirer un peu. Parfois je fantasme à l’idée de quitter le dollorama et m’installer quelque part dans le bois. Imagine un peu, pouvoir sentir le vent et avoir d’la fenêtre mur à mur sur un infini boréale qui n’a rien avoir avec les gogosses à une piace.

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