vendredi 28 août 2009

Piqûres sur le bord du lac

Lors de mes plus récentes vacances, je me suis fait traiter de mésadapté, je me suis fait dire que j'avais un problème mental, que je faisais peur, que j'étais fou et on m'a aussi expliqué que les maringouins, les mouches, les frelons, les guêpes, les abeilles, les bourdons, les bruleau - bref les moustique - étaient attirés par moi parce que je portais des vêtements sombres. Peut-être que je n'ai pas aidé mon cas en tentant d'expliquer que j'étais persuadé que les moustiques complotaient dans le seul et unique but de venir me "siller din oreilles". Mais c'est que j'ai vécu un traumatisme. Et je vais le raconter maintenant, afin d'enfin faire taire les médisances sur mon compte.

C'était quelque part entre 1999 et 2002. Ma famille avait l'habitude des longues semaines de camping, tentes, toiles, petit four au gaz, zone aménagée comme dans un catalogue sur le camping, etc. Mais cette fois-là, mon père avait eu l'idée de louer un petit shack sur le bord d'un lac. C'était beau. Le lac aussi était beau. Beau spot. Que du plaisir. Jusqu'à la tombée de la nuit.

Éclairés par la lumière d'une lampe à l'huile, mon père lisait Bilbo le Hobbit pendant que nous commencions lentement mais sûrement à taper des mains partout. TAP! CLAP! TAC! CLAP! "Osti d'bébittes à marde" m'écriais-je. "ArRRRRrgHHG" répliquais mon frère. Il faisait pas chaud chaud, on avaient fermé toutes les fenêtres, mais allez savoir pourquoi, la cabane en bois rond était infesté de moustiques! On essayait tant bien que mal de s'endormir, mais elles étaient toujours là, à venir nous zigner dans les oreilles. Et même si on s'enfermaient la tête en dedans du sleeping bag, elles rentraient dedans les salopardes! Nous étions cuits. Tout simplement attrapés.

Après avoir allumé la lampe à l'huile 6-7 fois, déterminés à les exterminer jusqu'à la dernière, nous avons compris que la cabane était truffée de trous et qu'il en rentreraient toujours des nouvelles. Sleeping bag sous le bras, nous quittons la cabane en direction de la voiture, avant de devenir complêtement cinglés. 45 minutes plus tard, je chigne comme un bébé car j'ai peur - et je cite - de manquer d'oxygène si on dort dans l'auto.

Et donc depuis, je sais. Je sais qu'elles me pourchassent. Qu'elles ont une sale besogne qu'elle veulent finir. Je sais que je suis leur cible. Et je sais qu'elle ne lâcheront pas le morceau. Alors oui, je deviens hystérique. Mais c'est parce que je sais que ma vie est en danger. Je sais qu'elles ne me laisseront jamais tranquille. Avant qu'elles aient eu raison de moi, qu'elles aient sucés toute mon hémoglobine et m'ait pompé à blanc, je devais laisser une trace. Je devais raconter mon drame.

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