Tombent les roches
Dans les films américains, les putes ont toujours le cœur tendre, la peau et l’œil clairs, et consomment de façon compulsive, gomme balloune et tablettes au chocolat cheap. Pas de place pour les scrappés, les bobos de peau et les dix pofs’ de roches quotidiennes. Dans les films américains, les putes – Richard Geere ou Julia Roberts par exemple – ont les cheveux propres, sont coquets et se soucient de leur santé dentaire. Payés 150 $ de l’heure, leurs clients n’ont pas droit au baiser mais à beaucoup de tendresse. Un service essentiel quoi.Les "Hommes à louer" de Rodrigue Jean sont différents. Hétéros, ils sucent des hommes au Village Gay de Montréal. Jeunes, ils offrent des branlettes à des bonshommes de 55 ans qui se cachent de leur femme. Beaux, ils se font casser la figure par leurs pairs et développent des maladies de peau effroyables. Dans les films américains, les prostitués tombent amoureux à la fin. Coin Ste-Catherine - Champlain, ils tombent en lambeau.
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